Et si nous nous débarrassions des étiquettes ?
Les étiquettes
Nous avons tous été la/le "plus" de quelqu’un : plus gros/se, plus bête, la/ le "moins" : moins grand/e, moins belle/ beau voire même le/ la "trop" : trop moche, trop sensible ...
Ces étiquettes collées par comparaison à ceux qui les posent ou à ceux qui considèrent qu’« il n’y a pas de fumée sans feu » nous empoisonnent la vie depuis aussi loin que nous pouvons nous rappeler.
Elles nous ont suivi et il a fallu de longs combats pour nous défaire de certaines d’entre elles.
D’autres nous semblent des vérités absolues alors qu’elles sont juste le résultat d’un jugement de valeur.
Les étiquettes ... des condamnations ... à vie
Malgré tout cela, nous continuons aujourd’hui à fonctionner avec ses étiquettes plus ou moins anciennes dans nos relations à autrui, bien sûr, mais surtout dans notre relation à nous-même.
Combien de fois ai-je entendu en séance : « je ne suis pas capable de faire cela, je n’ai jamais su » ou bien « je suis comme ça (timide, colérique, passif,…) c’est mon caractère » ou encore « je fais toujours comme ça, je ne peux pas changer » ?
C’est comme si ces étiquettes étaient des condamnations non pas à mort mais à vie : je correspond à cette étiquette et cela restera ainsi jusqu’à ma mort.
Auto-jugement : le bâton pour se faire battre
Outre les questions de physique ou de pseudo intelligence ou d’habitudes de vie, voilà maintenant que nous venons exposer aux yeux de tous d’autres particularités grâce une multitude de nouvelles étiquettes :
- les habitudes sexuelles et non plus de manière un peu vague ou flou comme dans les années 80 mais de manière très précise comme si l’intimité sexuelle devenait l’affaire de tous.
- les modes de fonctionnement émotionnel (hypersensibilité) ou psychologique non diagnostiqués (bipolarité, HPI, autisme, TDAH …).
Ces particularités, ces modes de fonctionnement sont parfois source de problèmes de compréhension avec les « autres » mais, une fois identifiés, c’est à la personne elle-même, seule ou en se faisant accompagner, de trouver des solutions pour interagir en société malgré eux.
Ils ne devraient pas être une raison d'exclusion de la part de la société pas plus qu'un paravent derrière lequel se cacher dans une posture de paria ou de victime.
Le choix ... se choisir enfin
Nous vivons encore dans un pays où la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Nous sommes donc libres de penser, de parler et de réagir à notre manière tant que nous n’imposons rien aux autres.
Tout ceci relève du choix de chacun et parfois du non choix, c’est à dire que nous avons laissé quelqu’un choisir à notre place ou nous avons laissé quelqu’un se substituer à nous.
Choix ou non choix dépendent du contexte, de notre état émotionnel, de nos relations de dépendance, de notre capacité à voir plus large que ce qui est directement autour de nous ou de l’exemple qui nous est donné.
Personne ne devrait nous dicter quelle place nous devons /pouvons prendre.
Nous ne devrions laisser à personne le droit de nous dire de quelle manière être conforme à ce qui est attendu.
Nous n’avons aucune raison de nous exposer en place publique pour y être jugé quel que soit le critère utilisé.
Les besoins d'Amour et de Reconnaissance
Alors pourquoi nous exposer ainsi ? Pourquoi faire perdurer cette fâcheuse habitude de ranger les gens, de nous ranger nous-même dans des boites, des sous-boites, des sous-sous-boites … ?
Pourquoi laissons-nous encore autant d’importance au regard des autres ?
Les besoins universels des êtres humains sont Amour et Reconnaissance comme l’ont prouvés, notamment, les travaux de Mme Françoise Dolto (pédiatre et psychanalyste, écrivaine et chroniqueuse) et nous sommes prêts à tout pour obtenir la satisfaction de ces besoins même de la part d’une petite minorité.
C’est le point que je vérifie régulièrement en séance : que voulez-vous ? Êtes-vous sûr/e que c’est ce qui vous convient ? Pourquoi et surtout pour qui voulez-vous changer ?
Revenons à nous ... Je te vois / je ME vois
Il est temps de revenir à nous, à cette place que nous nous donnons, à cette place que nous pouvons prendre indépendamment du regard des autres tout en continuant à faire partie, à être une partie intégrée de la société.
Et si nous commencions par nous donner à nous-même cet Amour et cette Reconnaissance.
Comment ?
D’abord, à partir d’aujourd’hui, j’arrête de parler de moi en négatif car le verbe est créateur. Stop aux « je suis nul/le », « je n’y arriverai jamais » et autres gentillesses du même acabit.
Ensuite, je prends soin de noter et de valoriser mes réussites, même petites : « j’ai fini ma tâche dans le calme », « j’ai réussi mon créneau en marche arrière », "je suis à l'heure", "je prends soin de moi" …
Enfin, je prends le temps de me dire avec ou sans mon reflet dans le miroir : « Je TE vois » comme dans Avatar de James Cameron. Cela signifie : je vois l’être divin en moi, je vois la personne importante que je suis, je me donne une place ... en fait JE ME VOIS !
La magie c’est que si vous prenez soin de vous, de vos pensées vis à vis de vous-même, les gens autour de vous vont changer de regard sur vous !

